L'Homme du Moment

UN SYPHON, PHON PHON...

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Ceci est la dernière note de L’Homme du Moment.

Généralement, un blog se termine par « 20six me fé tro chié », j’ai pensé que je pouvais être un petit peu plus disert.

Le blog de l’Homme du Moment a démarré sans trop que je sache pourquoi, il a continué sans que je le veuille vraiment et il s’arrête sans que je l’ai décidé.

Il reste que pendant tout ce temps, il y a eu la découverte de l’écriture, l’installation d’une sorte de communauté, et, il faut le dire, la création d’une addiction dont je me serais bien passé…

Il y a eu aussi de belles rencontres, dont certaines majeures.

L’homme du Moment a été une aventure d’autant plus forte qu’inattendue, et pour cela je voulais vous dire merci.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi, certains depuis le tout début (ils se reconnaîtront).

Merci de votre fidélité, de votre passion pour ces mots hasardeux et de votre affection pour leur auteur.

Merci à vous qui avez accordé à ces mots plus d’importance que je ne leur en donnerai jamais.

Merci beaucoup à ceux qui m’ont aidé à récupérer les textes perdus dans le crash orphelin de 20six. Je n’aurais jamais pensé que l’on puisse vouloir sauvegarder ce que j'écrivais.

Enfin, je ne veux pas oublier dans mes remerciements les créateurs de 20six qui ont réussi, en l’espace de trois ans, à créer une des plate-formes les plus populaires de la blogosphère française et à la torpiller avec une constance qui force l’admiration.

Je n'oublierai pas ceux par qui ce blog est né, ceux par qui il a grandi et ceux par qui il est mort.

Pour ne pas continuer à apporter du trafic à 20six, ce blog se syphonnera progressivement jusqu’à être vidé de son contenu. Ce sont les commentaires des uns et des autres, quelquefois de vrais textes, souvent de vrais échanges, que je regretterai le plus.

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Je vous embrasse.

L’Ho.

61 Commentaires 10.9.07 11:40, Commenter

SACRIFICIEL

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Je savais qu’il s’était passé quelque chose.

Alors ce jour-là, pour la première fois, j’ai invité Aminah chez moi.

Quand elle est entrée dans l’appartement, j’ai frémi sous l'incroyable animalité qui irradiait d'elle, comme jamais auparavant.

J’ai fourré ma main dans sa chevelure rousse et bouclée et je l’ai embrassée, longuement.

Elle a ôté son blouson, son chemisier et son pantalon avec son habituelle décontraction. Aucune femme ne se déshabillait avec autant de facilité qu’Aminah.

Dessous, elle portait un corset blanc avec des porte-jarretelles sur des bas blancs.

Virginale.

Elle m’a regardé et m’a dit « j’ai mes règles ».

Puis elle s’est mise à genoux, a ouvert ma braguette et a engouffré mon sexe bandé dans sa bouche.

Nous avons fait l’amour sur mon lit.

Nous avons fait l’amour sur le plancher en bois blond.

Nous avons fait l’amour sur le maroquin du bureau.

Plus tard, dans la salle de bains toute blanche, je suis allé rechercher d’autres capotes.

Dans son corset blanc, dans ses bas blancs, elle est entrée.

Sous mon regard, elle s’est accroupie, jambes écartées.

J’ai vu tomber une goutte rouge vif qui s’est étoilée sur le carrelage blanc.

Elle m’a regardé de ses yeux clairs.

Je me suis baissé et j’ai recueilli la goutte sur mes doigts.

Elle m’a fixe avec intensité.

J’ai plongé mes doigts dans son sexe pour les ressortir rouges et brillants.

J’ai lentement étalé le sang menstruel sur son cou et sur sa poitrine.

Elle a souri.

Elle a saisi ma bouche avec violence, m’a repoussé sur le carrelage froid où je me suis étendu.

Elle s’est placée au dessus de moi et a frotté son sexe sur mon corps, depuis le ventre jusqu’au torse.

Elle a ramené ses cuisses de part et d’autre de mes flancs et je l’ai pénétrée rudement. Je l’ai bourrée de coups de reins durs jusqu’à ce qu’elle jouisse, très vite, sans m’attendre.

Après un cri violent, elle s’est désempalée de mon sexe qu’elle a saisi à pleines mains.

Son sang poissait les poils ras de mon pubis et tachait ses doigts

Elle l’a étalé sur son ventre, sur ses cuisses, sur mes joues.

J’ai plongé une nouvelle fois mes doigts en elle et les ai écrasé sur son menton, puis sur ses lèvres.

Elle m’a embrassé à pleine bouche.

Je l’ai mordue, j’ai étalé son sang que j’ai mêlé de ma salive.

Elle s’est assise sur mon sexe dressé. Appuyée en arrière sur le carrelage blanc, elle a fait monter et descendre son vagin sur mon sexe que je voyais se teinter de rouge à chaque mouvement de son bassin.

J’ai joui, très rapidement, sans retenir mes cris ; elle m’a suivi de quelques minutes et s’est effondrée sur moi.

Nous sommes restés longtemps haletants, comme deux assassins sur le carrelage blanc.

Nous nous sommes douchés longuement, lavés mutuellement dans la baignoire.

Deux semaines plus tard, elle partait en Italie vivre avec l’homme qu’elle aimait.

Je ne l’ai jamais revue.

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106 Commentaires 3.11.06 00:00, Commenter

SOI

C’est la remontée vers la surface.

Du noir profond vers la lumière

Douce.

C’est l’esprit qui se déplie doucement.

Qui s’étend vers les angles de la pièce

Et au-delà.

C’est la prise de conscience de son propre corps.

Par positions et sensations successives

Progressivement.

C’est la dureté du poing fermé sur un pan de couette qui enferme la chaleur au plus près, autour de l’arrondi de l’épaule.

C’est l’odeur de sa propre peau, moirée, ambrée par la chaleur du lit et les rêves de la nuit.

Respirer.

Se redécouvrir par les sens.

Sous la joue, sentir l’épaule devenir dure, les muscles contracter leurs fibres, l’os faire mal.

Laisser l’éveil venir comme un drap qu’on enlève sans hâte.

La première longue inspiration du jour.

L’air qui crépite dans les poumons, qui gonfle le torse et irrigue chaque alvéole.

La vie qui entre.

Le long de l’aine, ce bourrelet de chaleur compacte et tendre.

L’appel au roulis des reins.

L’onde de chaleur qui s’épicentre et se concentrique de la tête aux pieds.

Chair douce qui roule entre la cuisse et le drap, qui palpite sous le poids du corps.

Chaude. Dense. Réelle.

Etre homme, oui.

Laisser se déployer sous la peau les échos des sensations passées

Les promesses de voluptés à venir.

Dilater le temps, encore un peu plus.

Expiration longue et profonde.

Corps arqué et désirant.

Eveillé dans l’ardeur

Eveillé vivant.

Homme, oui.

Tellement.  

 

50 Commentaires 25.2.06 15:04, Commenter

PONCTUE ELLE

 

Elle est là sur cette chaise, son bras jeté sur le dossier. Son corps mince est une virgule noire contre le mur rouge. Entre nous des mots circulent doucement et tissent une proximité encore incertaine, portée par la vibration de ces voix que nous ignorions il y a quelques minutes encore. Je songe que tout à l'heure elle était dans ce train et qu'elle ignorait de quel corps elle se rapprochait. Entre nous des gestes s’esquissent et s’inventent des connivences. Tintements des flûtes de champagne. Tutoiement. Hésitations. Tout à l’heure, elle racontait à une autre femme qu’elle allait retrouver un inconnu dans un hôtel de passe, à Paris. L’autre femme a bien ri de la plaisanterie... Mais en fait l'hôtel est un ancien bordel. Elle me dit qu’elle n’imaginait pas que je puisse parler autant. Je lui dit que si. Je pense qu’en-dessous de sa robe il y a sa chair. Nue. Alors elle se lève et la distance incommensurable entre deux corps est franchie sans trop savoir comment et c’est la rencontre incroyable et étrange de deux réalités, de deux densités. C’est l’étreinte douce et fureteuse, c’est le glissement des vêtements sur la peau interrogative, c’est le sourire en coin sur la mauvaise volonté des chaussures à la mode. C’est ma bouche arrondie autour de la pointe de ses seins, c’est mes mains au contour de ses hanches, c’est mon étonnement de sa peau douce comme un murmure. C’est ma langue qui s’insinue en elle et la découvre par son plus intime, par son plus caché. C’est l’oubli vertigineux de tout le reste par la grâce de son corps, l’oubli de tout, les murs rouges et le ciel de lit incongru, les lampes rococo et l’abyme des trains à grande vitesse. Puis les échos s’éteignent sur les murs et c’est le temps des respirations douces. Alors les mots. Les mots tout à l’heure empesés, hagards d’être lâchés dans l’air du réel et que les corps ont maintenant réchauffé. Les mots qui ricochent d’une bouche à l’autre, les mots qui racontent. Qui dévoilent. Qui découvrent. Respiration. Les mots qui s’insinuent, qui s’entrelacent entre les corps et le désir qui brouille les regards. Les mots qui s’enroulent humides autour de mon sexe quand elle me prend dans sa bouche. Respiration. Les mots qui claquent sur sa croupe tendue. Les mots qui font fourreau, gaine, rempart et défenses tombées. Les mots qui scandent et se déploient des heures durant et se répondent dans l’atmosphère échauffée des peaux mêlées. Respiration. Les mots qui disent je n’aurais pas cru. Je dois partir. Je suis attendue. Des mots qui disent il faut. Des mots qui tracent son corps comme une parenthèse noire sur le ciel bleu. Des mots qui se taisent alors qu’au creux de son ventre, sur la pulpe de mes doigts s’enroule déjà un souvenir. Ces mots qui diront plus tard la beauté et la fragilité du temps dérobé, de ce temps volé au temps.

 

 

60 Commentaires 15.2.06 20:46, Commenter

CORPS TRAÎTRE

 

On m’a boxé le visage toute la nuit. Pas trop fort, mais régulièrement, avec des gants épais. Mes joues, mon front, mon nez sont douloureux. Les yeux sont enfoncés dans des orbites sèches et brûlantes. Plus de goût, plus d’odeur. Les aliments posés sur la langue, broyés sous la dent sans plaisir. Le bout des doigts glacé dans lesquels courent des aiguilles. A la frontière du visage et du crane, une ligne de démarcation enflammée. Le visage posé sur la tête. Mal posé. Avec une jubilation morbide, je palpe du doigt la jointure entre le front et le cuir chevelu pour longer la couture osseuse. Appuyer. Sentir la douleur grignotante se faire plus vive, puis refluer. Alors recommencer. Aviver l’inflammation. Par jeu. Pour la même raison qu’on appuie encore et encore sur l’arête du nez, là, à cet endroit si fin, pour relancer la douleur. Appuyer pour créer la douleur vive qui fait oublier les douleurs sourdes, comme cette impression qu’on me mord les dents. Qu'on me ronge les molaires. Alors geindre avec la tête dans le matelas. Jusqu’à ce que le dos fasse mal, charnière rouillée dans les reins. Se sentir le corps malingre. Atone. Asexué. Ne pas parler, à cause de ce papier de verre dans la gorge. Rester les yeux dans le vague, engourdi. Etirer un cou grinçant, la tête posée sur un axe rouillé. Sur un axe grippé...

 

106 Commentaires 4.2.06 12:35, Commenter